L’ouvrage sur lequel est construit le premier cours de l’année, à lire et à ficher pour le rentrée (interrogation de lecture la première semaine):
M. SANDEL, Ce que l’argent ne saurait acheter, Points seuil, 2016.
Voir plus bas les conseils de lecture.
Pour les curieux, un ouvrage bref et aisé à lire qui reprend le programme de Terminale:
A. Comte-Sponville, Présentations de la philosophie, Le livre de Poche, 2002.
Si vous rencontrez des difficultés en orthographe, vous pouvez vous entraîner sur des sites qui proposent des exercices de révision (par ex. :http://www.orthonet.pro/pages/jeux/).
Les bibliothèques de vos villes ainsi que celles de la Marie de Paris disposent le plus souvent de ces ouvrages que vous pourrez emprunter gratuitement, même si vous ne résidez pas dans la capitale. Ces lieux proposent également des espaces de travail agréables:
https://bibliotheques.paris.fr/sinscrire-en-bibliotheque.aspx
N’hésitez pas à enrichir votre culture générale agréablement grâce à la fréquentation des musées parisiens auxquels vous pouvez accéder gratuitement:
https://www.parismusees.paris.fr/fr/vous-etes/bienvenue
https://bonsplansvoyage.fr/musees-et-monuments-gratuits-a-paris-pour-les-moins-de-26-ans/
M. SANDEL, Ce que l’argent ne saurait acheter (2012) :
Ce texte expose une critique de l’utilitarisme, philosophie morale dominante depuis la fin du XIXème (fondateur : J. Bentham) dans la culture anglo-saxonne, qui a fondé les principes économiques actuels.
Dans chaque chapitre, l’auteur met à l’épreuve l’axiome fondamental de cette philosophie selon lequel les être humains sont des individus/agents dont les décisions sont et devraient être motivées par la recherche d’une utilité (un profit économique, une satisfaction, une place prestigieuse…). Les relations humaines sont alors envisagées comme un marché au sein duquel les individus échangent (vente/achat) des biens et services.
Dans ce but, il propose une série d’exemples ou de situations dans lesquels les agents économiques procèdent ainsi, calculant rationnellement leurs intérêts. Or M. Sandel met en lumière le fait que cette manière d’envisager la vie humaine, le rapport de l’individu à la collectivité, a des conséquences désastreuses pour la justice et la morale. En d’autres termes, on ne peut réduire la personne humaine à un agent économiques soucieux de maximiser son profit en toutes circonstances : tout ne peut être transformé en marchandise.
Pour plus de facilité, afin que le lecteur se retrouve dans la multitude de cas proposés par l’auteur, voici quelques pistes de lecture :
Axe 1 : La marchandisation de toutes les sphères de l’existence.
Cette idée est au cœur de l’ouvrage : que peut-on acheter ? Tout peut-il se vendre ? Dans quelle mesure l’emprise de l’économie sur des domaines qui lui étaient auparavant étrangers transforme-elle la société et les relations humaines ?
Exemples : le don, l’amour, l’amitié, la parenté, les organes, les files, l’entrée à l’université, le sens civique…
Axe 2 : Les objections à cette marchandisation :
- Dans quelle mesure certains échanges sont injustes, donc contestables ? M. Sandel avance l’argument de la justice (équité) : la marchandisation remet en cause le principe d’égalité (les ressources échangées discriminant de fait ceux qui ne peuvent se les offrir),
- Jusqu’à quel point la commercialisation de certains biens (le prestige, l’amour, le sacrifice) leur fait-il perdre leur valeur ? M. Sandel expose alors l’argument moral de la corruption : la marchandisation induit une diminution et une perversion de la valeur.
Exemple : les coupe-files.
Axe 3 : Les présupposés de l’économie de marché.
Ce sont les postulats sur lesquels repose le système du marché. L’auteur montre que, bien souvent, ils sont pris en défaut par la réalité, ce qui conduit à douter du principe même de l’économie. On relèvera, entre autres :
- L’idée que tout échange est avantageux (contestée par les « effets pervers »).
- L’idée que les individus sont des agents rationnels soucieux d’accroître leurs profits (ce que démentent les expériences politiques ou amoureuses).
Exemple : les « incitations ».
- La troisième partie (p. 161-213) montre, de manière plus générale, « Comment le marché évince la morale ». Cette idée constitue la thèse centrale du livre.
Exemples : prix Nobel, récompenses, amitié, dons d’organes.
Guide de lecture : passages et concepts importants
Introduction : Les objections de l’équité et la corruption (pp. 37-38 ; 41-44).
Chap. I : « La rationalité marchande » (pp. 69-75). « Marché et corruption » (pp. 75-79 ; 85).
Chap. II : « L’approche économique de la vie » (pp. 96-100). « Amendes vs frais » (pp. 121-124). « Incitations et imbroglios moraux » (pp. 150-159).
Chap. III : « Ce que l’argent peut et ne peut pas acheter » (pp. 161-165). « Deux objections au marché » (pp. 185-189). « L’effet de la commercialisation » (pp. 199-202). « Deux principes de confiance dans le marché » (pp. 206-213).
Chap. IV : « Assurance gardiennage » (pp. 217-222). « Brève histoire morale de l’assurance-vie » (pp. 234-247).
Chap. V : « Que peut-on reprocher au commercialisme ? » (pp. 299-306). « Prisons et écoles » (pp. 317-326).